Ecoute notre histoire raconté en langue fon

Je voudrais vous raconter l’histoire d’une famille, une famille riche, une famille noble, une famille unie !
Histoire ! Raconte !
Histoire ! Raconte !
Mon histoire roule, vole et atterrit à Mahi Ouesse Wogoudo, une contrée de la commune de Savalou.
C’est dans cette contrée que tout a commencé. Il y vivait un homme qui, de par sa bravoure légendaire, sa morphologie impressionnante, son travail soigné et surtout cette attitude à estimer autrui suscitait l’admiration de toute sa génération. Je veux ainsi vous parlez du père fondateur de la famille YAMADJAKO.
KINKA était son prénom. Il est le fils de GANZEGNI GBAGUIDI qui lui, était le descendant de GBAGUIDI BAGLO, 5ème roi de la dynastie royale de Savalou. Dans la période où KINKA amorçait la démarche pour fonder sa famille, l’esclavage battait encore son plein. Les hommes noirs étaient vus de l’homme blanc comme des animaux taillables et corvéables à merci. Les plus braves sont souvent saisis de force et déportés vers l’extérieur pour travailler dans les plantations ou dans les maisons comme des servants.
Le patriarche KINKA n’avait malheureusement pas échappé à cette expérience. Il fut arrêté à Savalou et conduit vers Ouidah pour l’embarcation. Les esclaves montaient déjà dans le navire quand il rencontra sur les lieux un de ses aînés, Paul ASSOGBA GBAGUIDI qui était déjà sur les lieux et avait une certaine maîtrise du terrain. En raison des forts liens familiaux qui existaient entre lui et KINKA, il intervint pour sa libération. Dès lors, le patriarche KINKA prit la décision de résider à Ouidah. Il vivait précisément dans le quartier Agonsa et à DANGBEHOKON où Il mena ses activités. Il créa une usine de fabrication de SODABI qui fit de lui un homme très riche. En effet, sa clientèle était composée de grands commerçants européens qui lui achetaient ses produits et les convoyaient vers l’Europe.
Cependant, sa fortune a été pour lui, une grande source d’ennui près des siens et du roi d’alors. On l’accusa de faire la vente des esclaves. Et pourtant, ce n’était pas le cas. Mais les accusations et les démarches continuaient à aller bon train jusqu’à ce que toutes ses affaires finissent par tomber à l’eau.
Plus personne ne le considéra. Il se retrouvait alors seul pour affronter cette dure période de sa vie. C’est ici que lui vint pour la première fois le nom « YA MON NON DJA KO » qui fût modifié par l’appellation française en YAMADJAKO ou YAMAJAKO Littéralement, le nom signifie « la pauvreté ne se fait pas des amis ». C’est donc à juste titre que l’on lit dans Proverbes 19 v 4 que « la richesse procure un grand nombre d’amis alors que le pauvre se retrouve séparé de son ami ».
Les proverbes ne mentent pas, les amis. Personne ne conteste que la vie est faite de saisons, c’est ainsi que le patriarche après la pluie, retrouva le beau temps. Sa notoriété se mit à grandir par l’abondance de ses acquisitions matérielles et humaines. La multitude de ses femmes lui permirent d’avoir 30 enfants dont 13 filles et 17 garçons.
Ses richesses domaniales sont si nombreuses qu’on finit par donner son nom à un quartier entier de ZOUNGBO à Ouidah. Il avait au quartier Sogbadji face à la maison catholique, son entreprise et ses boutiques de distribution. A Djègbadji, en allant à la plage, le lieu d’embarcation de ses produits.
Nous ne pouvons pas passer sous silence, le domaine situé à Yèyècodji, un nom qu’il donna lui-même au quartier. C’était sur ce domaine qu’il envoyait ses femmes travailler après leur accouchement. En effet, Yèyècodji était le domaine de sa palmeraie, la source de la matière première de son usine de SODABI. Jusqu’à ce jour, Yèyècodji revient en héritage à sa descendance malgré les acharnements d’une minime partie de la famille ASSOGBA à se l’approprier injustement. Or, il faut rappeler que jusqu’à la date du 26 avril 2006, ils payaient encore tribu à la famille YAMADJAKO. Après les dernières levées du 06 juillet 2016, la superficie dudit domaine s’estime à 241 ha 16a 85ca.
Sa générosité lui a valu une chanson qui, en faisant son chemin finit par devenir une chanson culturelle chanté lors des événements de sortir des revenants ( Egoungoun ) à Ouidah.
Décédé le 21 mars 1921, il fut enterré à Agonssa, son lieu de résidence et de rassemblement de ses fils. Aujourd’hui, il a une descendance nombreuse qui est répandue un peu partout dans le monde.
La Bible affirme dans proverbe 13 v 22 que « l’homme de bien laisse un héritage aux enfants de ses enfants. » L’unité est le plus grand des héritages qu’il a laissé à nous qui sommes sa descendance. C’est pourquoi chaque année, nous nous retrouvons dans la grande cour familiale à Ouidah en vue de pérenniser l’initiative du feu Paterne YAMADJAKO.
Nous ne prétendons pas avoir rassemblé toutes les pièces pour faire le récit entier de cette histoire. C’est pourquoi dans l’espoir que nous arriverons à reconstituer l’ensemble des informations pour faire de cette initiative, une réussite, nous demandons aux pères qui gardent encore des souvenirs de notre histoire, de les mettre à disposition de l’Association pour l’avancement de notre mission commune.
Nous croyons qu’il est bien de demander à nos géniteurs notre histoire, nos origines, notre identité et notre patrimoine culturel car la ressource dépend toujours de la source. Et Dieu est notre plus grande source.
Nous refusons d’être divisé par l’histoire mais de nous associer grâce au travail de tous car ensemble, nous faisons une force. C’est pour ce but que l’Association travaille. Cherchons le nord de la boussole ensemble.



